T. Bidegain et N. Debré - IGBMC © V. Muller
 
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Les intervenants ponctuels

 

Imaginons une scène d’action : sur le parking d’un grand hôtel, une fusillade éclate entre le méchant et le policier. Des passants, touchés, s’écroulent. Une limousine, sous le feu des balles, explose. Le méchant, blessé, lâche sur le policier les deux molosses qu’il tenait en laisse. Ce dernier, pour sauver sa peau, part dans une course folle et finit par semer les chiens.

Pour réaliser une telle séquence, l’équipe habituelle d’un film ne peut se contenter de ses propres compétences : les figurants ne savent pas tomber sous de fausses balles, l’accessoiriste ne sait pas faire exploser une voiture, l’acteur ne court décidément pas assez vite et l’équipe est de toute façon trop réduite pour installer tout le nécessaire. La production fait alors appel à des spécialistes.


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Les doublures et les cascadeurs

Une doublure a pour fonction de remplacer un acteur lors de scènes où sont mises en avant des capacités particulières comme jouer du Chopin en virtuose, être un petit rat de l’opéra sur ses pointes ou se battre en duel.

Les cascadeurs sont des doublures spécialisées dans les scènes de cascades dangereuses. S’ils sont connus pour leurs interventions dans les accidents de voiture ou les fusillades, ils peuvent aussi participer à des scènes plus discrètes : gifles et chutes dans les escaliers font partie de leur répertoire.

Lorsqu’il ne double pas l’acteur, le cascadeur le conseille et lui apprend à tomber ou se faire tirer les cheveux en douceur. Le cascadeur est alors un "régleur combat" ou un "régleur cascade véhicule".

Doublures et cascadeurs travaillent bien sûr avec la mise en scène, avec la machinerie lorsque le personnage est par exemple surélevé, mais aussi avec l'équipe image car la dangerosité d’une scène peut être diminuée par une orientation habile de caméra. A noter que lors des scènes de cascade, le cascadeur devient responsable de la sécurité du plateau à la place du chef machiniste.

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Les SFX

© Benoit LinderC’est le terme utilisé pour les effets spéciaux. On connaît le fameux fond vert, qui permet de rajouter en post-production les effets les plus fous. Mais certains effets spéciaux sont réalisés directement lors du tournage.

Les spécialistes qui s’en chargent fabriquent des déluges grâce à des rampes de pluie (ou des  lances à incendie), créent des impacts de balles, font exploser des objets, détruisent des bâtiments, … Mais ne nous y trompons pas : démolir sans danger est tout un art.

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Les armuriers et artificiers

Les spécialistes sont souvent les deux à la fois, mais ce n’est pas systématique.

L’armurier, comme l’indique son titre, est le roi de la gâchette sur le plateau. Plus précisément, il délivre les armes pour les séquences concernées et en supervise l’usage. Les armes à feu, qui tirent bien sûr toujours à blanc, sont les plus fréquentes.
Mais l’armurier est aussi un expert en armes blanches, du cran d’arrêt à la rapière. Il conseille donc les acteurs sur la  manière de tenir et manœuvrer ces objets quelque peu particuliers.

L’artificier doit, quant à lui, faire voler en éclat ce que touchent les balles de l’armurier. Mais sa spécialité, c’est le feu, qu’il sait mettre partout : aux poudres, aux maisons ou aux fesses des cascadeurs !

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Les dresseurs

Les oiseux, Le peuple migrateur ou Flipper sont autant de films pour lesquels l’intervention d’un dresseur était indispensable. Ils ne sont pas simplement appelés à maîtriser ours, tigre ou faucon pour des scènes spectaculaires d’attaques ou d’émouvantes rencontres entre l’homme et l’animal. Si dans une scène un gentil caniche rapporte le journal à grand-mère, il y a fort à parier qu’un dresseur soit passé par là.

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Les conseillers techniques et artistiques

Les films historiques, les feuilletons policiers ou les séries médicales, pour être réalistes, nécessitent le savoir de spécialistes extérieurs au domaine audiovisuel. Historien, danseur ou avocat deviennent ainsi le temps d’un tournage des conseillers techniques ou artistiques et interviennent souvent dès l’écriture du scénario pour en garantir la véracité.

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Les coachs artistiques

Ces "entraîneurs" sont attachés à un comédien en particulier. Ils lui apprennent à faire ce qu’il ne sait ou ne maîtrise pas, comme monter à cheval ou chanter sans fausses notes.

Pour des héros à la personnalité hors du commun, schizophrène ou génie par exemple, le coach artistique aide aussi le comédien à construire son personnage, par le travail du maintien, de la démarche, de la gestuelle ou de l’intonation, entre autres.

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Les loueurs de véhicules spécifiques

© BAT ACA - Woch MichelEn fonction des besoins du tournage, il incombe à la régie ou à la mise en scène de trouver des véhicules spécifiques. Soit pour le jeu, soit pour la technique. Il est évident que pour un film d’époque, la production devra louer voitures d’époque, carrosses, attelages, etc. Pour un  film contemporain, les véhicules de jeu se trouvent plus facilement, qu’il s’agisse de la voiture de  M. Tout-le-monde ou de la dernière berline de luxe.

Quant aux véhicules techniques, la régie a le plus souvent recours à la location de voitures travelling, véhicule indispensable pour tourner en toute sécurité des scènes de jeu en voiture. 

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Le photographe de plateau

Engagé par la production, il passe en pointillés sur le plateau afin de photographier l’équipe au travail. Ses clichés de tournage serviront à la promotion du film ainsi qu’à la presse spécialisée.

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Les renforts

Ils ne sont pas des spécialistes à part, mais d’autres techniciens prêtant mains fortes à l’équipe habituelle d’un film. Il arrive qu’une journée ou même une semaine soit très chargée et qu’il ne soit pas possible de bénéficier de plus de temps de travail. Il faut alors plus de monde pour réaliser les installations et séquences lourdes dans le temps imparti.

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Les secondes équipes

On parle de seconde équipe dès qu’une caméra tourne sur un autre plateau que le plateau principal. Tourner à deux équipes permet évidemment de gagner du temps, en réalisant par exemple des plans de coupe en équipe légère sans prise de son.

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Le catering

© BAT ACA - Woch MicheDe l’anglais "restauration", l’équipe catering s’occupe de sustenter l’équipe du tournage pendant toute la durée de celui-ci.
Le catering fait partie intégrante de l’équipe du film et a pourtant cela de particulier que ses intervenants ne sont pas des intermittents, mais des spécialistes de la restauration évènementielle. Le cuistot et le(s) serveur(s) sont ainsi capables de s’adapter aux horaires mobiles du tournage. Grâce à leur barnum et leur camion cantine, véritable cuisine sur roues, ils dressent une quarantaine de repas par jour dans les endroits les plus insolites, et peuvent servir jusqu’à deux cents personnes. C’est qu’ils partagent avec l’ensemble des techniciens la faculté de s’accommoder à toute situation.

La régie, collaborateur direct, leur trouve et leur indique l’emplacement de la cantine. Ce n’est que dans le cas où aucune place ne peut être trouvée que la régie se tournera vers un restaurant traditionnel.

La production le sait bien: les pauses repas sont de réelles soupapes de décompression pour toute l’équipe. La qualité de la restauration sur le tournage est donc essentielle.

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