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Le plan de travail

 

C’est sans conteste le document le plus complexe de tous et c’est au premier assistant réalisateur qu’en revient la responsabilité.

Une mission délicate qui demande de jongler entre contraintes techniques et volontés artistiques.



Gymnastique cérébrale

Si le plan de travail représente l’aboutissement de la préparation du tournage, il évolue avec elle, ou plutôt selon elle. Découpage, décors, disponibilité des comédiens, tournage à l’étranger,…chaque nouveau paramètre pris en compte le modifie. L’assistant réalisateur doit donc établir de nombreuses versions avant de considérer un plan de travail comme définitif. Mais il n’est pas à l’abri de devoir tout recommencer au moindre changement. De quoi donner la migraine…

Pour construire ce château de cartes, le premier assistant réalisateur part du dépouillement. Il suit alors deux lignes directrices :
  • L’alternance entre décors lourds et décors plus simples, ce qui facilite le travail de l’équipe de décoration.
  • La continuité, qui préserve quelques repères narratifs dans ce labyrinthe de données.

En parallèle, il regroupe les feuilles de dépouillement en plusieurs catégories :
  • Décors,
  • intérieur et extérieur,
  • effets (jour, nuit, aube, crépuscule,…),
  • cachets des comédiens,
  • intervention de moyens lourds,
  • intervention de la figuration,
  • effets spéciaux.
Une fois tous ces regroupements effectués, il lui faut séparer les éléments par journée de travail, en estimant une durée de tournage pour chacune.

Dans certains cas, d’autres contraintes compliquent encore la chose : les transformations physiques des acteurs, les lieux de tournages –lorsqu’ils sont très éloignés les uns des autres- ou les saisons sont autant de spécificités qui peuvent déterminer l’ordre du planning.
On le voit, outre l’élaboration même du plan, la difficulté vient du fait que le premier assistant doit choisir, parmi tous ces paramètres, lequel sera prioritaire.



Le tournage en un coup d’œil

Si le premier assistant y passe de sombres heures, c’est que le plan de travail est un outil essentiel à tous ceux qui travaillent sur le tournage. Il doit en effet permettre d’appréhender sa totalité en un coup d’œil.

Deux types de plans de travail existent : la "grille à la française" et le "board à l’américaine". Le premier présente une colonne par jour de tournage, le second une colonne par séquence. Au-delà de cette différence, les deux types de plans comportent peu ou prou les mêmes indications:

  • Les dates de tournage.
  • Les horaires de tournage.
  • Les effets.
  • Les décors.
  • Les séquences à tourner dans l’ordre de tournage de la journée.
  • Les rôles principaux.
  • La figuration.
  • Les doublures s’il y en a.
  • Les véhicules de jeu.
  • Les animaux.
  • Les effets spéciaux.
  • Les appareils spéciaux de prise de vue et la machinerie supplémentaire.
  • Les éphémérides (afin d’organiser la journée en fonction des effets voulus).

Autant dire qu’un format A4 ne suffit pas…
Avant l’informatique, la grille "à la française" se faisait à l’aide de fiches mobiles qu’il suffisait d’intervertir et c’est grâce à des baguettes en carton insérées dans un cadre rigide que les américains construisaient leur "board". Les modifications étaient donc rapides, mais le "board" pouvait vite devenir très encombrant…

Aujourd’hui, l’informatique a largement simplifié les choses. Deux logiciels sont principalement utilisés : Movie Base pour la grille française, Movie Magic pour le board américain. Mais le plan de travail, à la française ou à l’américaine, reste un casse-tête chinois.